Une ascension fulgurante (1118 - 1314)

La fondation de l'Ordre du Temple est postérieure à la création en 1099 du premier royaume franc en Palestine. 

En 1118, le champenois Hugues de Payns, Geoffroy de Saint-Omer et sept compagnons d'arme proposaient au roi Baudoin II de Jérusalem la mise en place d'une troupe permanente qui, sous la forme d'un ordre à la fois militaire et religieux garantirait la défense de la ville sainte ; ils assureraient également la liberté des routes aux pélerins.

Ils firent voeux devant Garimond, Patriarche de Jérusalem de se consacrer à la protection des pélerins en Terre Sainte, et ils obtinrent de Baudoin II le droit de demeurer dans l'aile du Palais Royal qui jouxte l'ancienne Mosquée El Aqsa là où s'élevait l'antique Temple de Salomon ; d'où leur nom de Templiers ou de Pauvres Soldats du Christ et du Temple de Salomon (Pauperes Commilitones Christi Templique Salomonici).

Ayant été admis près du Pape Honoré II afin d'obtenir une constitution particulière, ce pontife les envoya au Concile de Troyes en 1128 ou Saint Bernard composa pour eux une régle fixe qui fut adoptée.

Saint Bernard (1090-1153) propagandiste de la foi cistercienne fondateur de l'abbaye de Clairvaux et prédicateur de la II° croisade à Véselay en 1146 ; fut séduit par la vocation des Templiers (pauvreté, chasteté, obéissance et protection des pélerins en Terre Sainte). Il rédigea pour une grande partie leur régle en 1128 et écrivit pour les encourager et diffuser leur idéal "la louange de la nouvelle milice" (De laudae novae militiae ad milites templi).

C'est à dater du 29 mars 1139, avec la bulle "Omne datum optimum", accordée par Innocent II à Robert de Craon, que le Temple reçut sa constitution définitive ; le pape assurait à l'Ordre ses privilèges, son indépendance et notamment l'exemption de la justice épiscopale.

Ecrit en français vers 1165, les Retraits sont les véritables statuts hiérarchiques. A partir de cette époque, l'Ordre du Temple ne relève plus que du PAPE et devient en fait indépendant.

L'idée Cistercienne appliquée par les Templiers est de fédérer les divers royaumes européens sous la suzeraineté d'une haute autorité détenant un pouvoir moral et matériel lui permettant d'arbitrer les conflits avant qu'ils ne se déclarent et de maintenir une paix universelle profitable à tous les peuples chrétiens, juifs et musulmans...

Puissance temporelle indépendante, non soumise aux autorités locales, le Temple jouit de la protection du Pape sans en accepter la tutelle.

En Orient, le Temple ne néglige pas les accords avec les <infidèles>, protégeant même des peuplades musulmanes dont il reçoivent le tribut.

Il traite directement avec les Sultans et les Emirs sans en référer au Roi ni au Patriarche de Jérusalem. 

Ils sont souvent entraînés dans des ruptures de trêves qu'ils ne souhaitent pas, par des <croisés> qui, une fois repartis, leur laissent le poids de la guerre.

L'ordre, purement militaire, compte 15 000 membres, tous revêtus du fameux manteau blanc frappé de la croix rouge sang, chargés de la défense des places fortes. Mais à plusieurs reprises, les templiers sont dénoncés pour avoir pactisé avec les musulmans, et accusés de la défaite finale des croisés.

Les Templiers se révélèrent rapidement en avance sur leur temps.

Au plan financier notamment. En ces époques troublées, les routes étaient peu sûres. Quiconque s'aventurait avec son or n'était pas assuré d'arriver à destination sans être dévalisé. Les Templiers révolutionnèrent leur époque en instituant la lettre de change. Dans les régions où ils étaient implantés, il suffisait au voyageur de se rendre dans une Commanderie, d'y déposer son argent contre un reçu. Au passage un pourcentage était prélevé. Mais les conséquences d'une mauvaise rencontre considérablement atténuées. 

Le Temple possède au moment de sa suppression 9000 maisons réparties en Europe.Toutes ces maisons reçoivent des dépôts et accordent des prêts et des avances à des emprunteurs publics et privés. Les Templiers jouent un rôle important dans les campagnes où ils financent des moulins à vent, à eau et des forges à la catalane. Leur compétence se traduit dans la pratique des changes et dans celle de la comptabilité.

Remarquables cambistes, dont les méthodes s'appliqueront encore cinq siècles après leur disparition, ils sont également des comptables de premier plan puisqu'ils inventent la comptabilité en partie double et tiennent pour la première fois dans l'histoire un véritable "grand-livre".

Croix du temple
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mise à jour : 26.12.01